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Loup, la situation dans le Parc national

Faune

 

DSEV
© E.Hérault - PNC

 

 

A la fin du XVIIIe siècle, à quelques exceptions près, le loup gris d’Europe (Canis lupus) est présent dans toutes les régions françaises. C’est à cette époque que sa chasse s’intensifie. Ainsi, en Lozère, entre 1821 et 1835, ce sont en moyenne 50 individus qui sont tués chaque année (Mémoires et analyse des travaux de la Société d'agriculture, Mende 1834). Le plus grand canidé européen, considéré comme une espèce nuisible, fait l’objet de campagnes de destruction organisées par l’État avec parfois l’attribution de primes pour chaque animal abattu. Il est également piégé et empoisonné. Ainsi, au niveau national, la population reproductrice de loups s’éteindra entre les années 1930 et 1939 (Thèse de F. de Beaufort, 1984) ; ne subsisteront alors que des loups solitaires dont les derniers seront éradiqués après la Seconde Guerre mondiale. Un peu plus de quarante ans plus tard, le loup obtient le statut d’espèce strictement protégée au niveau européen puis national grâce à la Convention de Berne en 1979 et la directive Habitats en 1992.

 

Un retour naturel

 

S’il avait disparu de France, ce n’était pas le cas en Italie, où la sous-espèce italo-alpine du loup (Canis lupus italicus) s’est maintenue, dans la région des Abruzzes. À la faveur de la législation, de la progression des milieux boisés liée à l’exode rural et de l’augmentation de ses proies : chevreuils, cerfs et sangliers, le grand prédateur fait son retour, naturellement, dans les Alpes françaises. En 1992, un premier couple de loups est observé dans le Parc national du Mercantour. C’est à cette date, que l’État crée le réseau Loup-Lynx, dont la coordination est actuellement assurée par l’Office Français de la Biodiversité (OFB) avec plus de 5000 correspondants dans l’hexagone, afin de suivre l’état de la population de loups qui débute une phase de recolonisation d’habitats qui lui sont favorables. Un peu plus d’une quinzaine d’années après son retour sur le sol français, des premiers indices de sa présence sont validés en 2009 sur le mont Lozère. La présence régulière du loup est avérée dans le Parc national, à l’issue de l’hiver 2012-2013. Deux mâles, évoluent séparément sur le mont Lozère ainsi que sur les causses Méjean et Sauveterre. C’est à la même époque que des premiers indices sont relevés sur l’Aigoual. À partir de 2015, les témoignages se multiplient dans plusieurs secteurs du Parc.


2022, une première meute dans le Parc

 

En septembre 2021, des pièges photographiques attestent de la présence de deux loups ensemble sur le mont Lozère. Une opération de hurlements provoqués est coorganisée l’été suivant par l’OFB et le Parc afin de déceler une éventuelle reproduction. C’est cette opération qui, fin août 2022, a permis de confirmer la présence de plusieurs louveteaux et donc l’existence d’une première meute dans le Massif Central. En 2023, une seconde reproduction de cette meute est confirmée, un louveteau étant identifié grâce à un piège photo. Fin 2023, un loup mâle adulte est tué illégalement, et aucune reproduction ne sera décelée en 2024. À la fin de cette même année, l’analyse génétique des indices collectés permet de différencier 11 loups sur le mont Lozère issus pour la plupart de ce même groupe familial. Mais au regard des phénomènes de dispersion des individus et de la discrétionde l’animal, il n’est pas possible de quantifier à ce jour le nombre d’individus encore présents sur ce territoire. Cette année, une nouvelle reproduction a été confirmée sur le mont Lozère grâce à une vidéo obtenue par un piège photo montrant 4 louveteaux.

Sur l’Aigoual, en juillet 2023, des images confirment la présence de deux loups ensemble. L’été suivant, deux louveteaux observés sur la partie lozérienne de l’Aigoual confirment l’existence d’une seconde meute sur le territoire du Parc. Une deuxième reproduction a été attestée cette année avec l’observation de 3 louveteaux.

Sur le causse de Sauveterre, de nombreux constats d’attaques réalisés sur des troupeaux et des images obtenues par pièges photographiques depuis 2023 indiquent la présence régulière de loups sur ce secteur. Au mois d’août, une photographie d’un louveteau atteste de l’installation d’une troisième meute sur le territoire du Parc. Au cours de l’été 2025, 4 loups (2 mâles et 2 femelles) ont été tués sur les causses Méjean et Sauveterre dans le cadre de tirs de défense simples autorisés par la préfecture.
 

Au niveau national, la population de loups est estimée entre 989 et 1 187 individus, autorisant un plafond de prélèvement de 192 individus maximum (soit 19 % de la population) pour permettre la défense des troupeaux tout en assurant la viabilité de cette espèce dont le statut de protection a été abaissé en décembre au niveau européen, passant de « strictement protégée » à « protégée ».

 

 

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Cet article est extrait du dernier numéro du magazine du Parc de serres en valats. Son Grand angle s'intéresse à la situation du loup dans le Parc national.

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