Il y a maintenant quelques mois, un habitant nous signalait avoir observé, en milieu naturel, la présence d’une espèce domestique envahissante (heureusement rare) : Pneumatiqua tracturus.
Il en existe plusieurs sous-espèces, notamment michelinus, firestonus ou encore bridgestonus, pour ne citer que les plus communes, que seule une analyse génétique approfondie pourrait permettre de déterminer.
Après une première prospection infructueuse, les deux spécimens sont finalement repérés, à l’abri d’un bosquet de chênes, en contrebas d’une piste qui surplombe la vallée de Trabassac. Il s’agit d’un couple d’adultes assez âgés, comme en témoignent leurs crampons usés et les cicatrices visibles sur leurs flancs.
La décision est alors prise de les retirer du milieu naturel, afin d’éviter que l’espèce ne fasse souche ou ne risque de s’hybrider pour donner naissance à une descendance stérile mais nombreuse : Pneumatiqua touterrainus.
L’espèce étant plus farouche, mais aussi plus grande et plus trapue que sa cousine Pneumatiqua voiturus, c’est avec d’infinies précautions que le couple est approché, capturé, puis dirigé vers la filière de recyclage — qui aurait dû être sa destination initiale.
Gilles Garnier,
Garde moniteur vallées cévenoles