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Une vie en meute

Faune

 

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© E.Hérault - PNC

 

 

Le loup est un carnivore dont l’écologie et le comportement social témoignent d’une grande capacité d’adaptation aux différents milieux où il est présent. Coureur de fond, chasseur organisé, il joue un rôle dans l’équilibre des écosystèmes.

 

Espèce discrète, vivant sur un grand territoire, le loup est difficile à détecter par simple observation visuelle directe. Les images de Canis lupus proviennent très souvent de pièges vidéo. On y voit généralement le ou les individus se déplacer au trot, une allure qui permet à l’espèce de parcourir de grandes distances (jusqu’à 60 km en une seule nuit) sans se fatiguer. Son pas est si régulier que ses empreintes forment une piste parfaitement rectiligne, chaque patte arrière se posant exactement dans la trace de la patte avant. Dans la neige ou sur les terrains escarpés, les individus d’une meute (à partir de 2 individus de sexe différent ou 3 individus non identifiés ensemble) se déplacent couramment en file indienne pour économiser leur énergie. 

Comme tous les canidés, le loup possède un odorat exceptionnel, utilisé pour reconnaître ses congénères, identifier un loup étranger, pister les proies, même plusieurs jours après leur passage, ou détecter les dangers. Comparé à un chien d’une taille similaire, le loup possède un crâne et un cerveau proportionnellement plus grands d’environ 25 %. En conséquence, sa mâchoire et ses dents sont beaucoup plus puissantes.

 

Une cellule familiale solidaire

 

Le loup est l’un des mammifères les plus emblématiques de la vie en groupe. La meute, véritable cellule familiale, réunit un couple reproducteur, ses jeunes de l’année et éventuellement des subadultes issus des portées précédentes. Parfois, un individu extérieur peut y être accepté pour combler un déséquilibre entre mâles et femelles dans le groupe. Dans celui-ci, chacun occupe un rôle défini, le couple dominant dirige les activités vitales : chasse, déplacements et défense du territoire qui peut s’étendre de 100 à plus de 300 km². La maturité sexuelle commence en général dès la seconde année, vers 22 mois. La gestation dure 63 jours et la mise bas de 2 à 5 louveteaux s’effectue dans une tanière qui peut être une cavité naturelle, un taillis ou un bosquet. Dès que les louveteaux sont assez grands (entre 6 et 10 semaines), le groupe quitte la tanière pour rejoindre le site de rendez-vous. C’est un espace de surface restreinte, où, comme son nom l’indique, les louveteaux attendent le retour des parents chasseurs. Ils participeront à cette activité en automne, vers l’âge de 5 mois. Environ 40 % des louveteaux ne survivront pas à la première année.

 

La dispersion

 

La taille du groupe familial est régulée par le jeu des naissances, la mortalité et la dispersion, qui se déroule principalement au printemps et à l’automne. À la recherche d’un(e) congénère, en raison de tensions au sein du groupe, ou de l’existence d’une compétition pour la ressource alimentaire, des individus âgés de 2 à 4 ans quittent ainsi la meute. En quête d’un nouveau territoire, un loup peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres et certains suivis font état d’un périple de plus d’un millier de kilomètres ! C’est pourquoi la taille d’une meute varie selon la période de l’année. En France, elle est en moyenne composée de 4 à 5 loups mais peut comprendre jusqu’à 10 individus.

 

Régulateur et opportuniste

 

Le loup adapte son régime alimentaire en fonction des proies disponibles dans les différents types d’habitats qu’il fréquente. Les ongulés sauvages ( sangliers, chevreuils, cerfs, mouflons, chamois...), dont les populations se sont multipliées au cours des dernières décennies, représenteraient près de 76 % de ses proies. Selon des études, il s’intéresserait davantage aux chevreuils et aux cerfs. Le loup chasse aussi des espèces de plus petite taille comme le lièvre, le lapin ou des rongeurs et peut compléter son régime par des fruits et des insectes. Opportuniste, il s’attaque aux troupeaux d’élevage, surtout aux ovins et caprins et moins fréquemment aux bovins et équins. Les constats réalisés sur des troupeaux attaqués montrent que le loup peut tuer plusieurs bêtes, lorsqu’elles sont regroupées, en les laissant partiellement consommées ou présentant des blessures importantes. En cela, la prédation par le loup et les dommages occasionnés sur les troupeaux marquent les esprits.

 

Source : Office Français de la Biodiversité (OFB). Le loup en France

 

 

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Carte d'identité

 

 

Nom latin : Canis lupus
Hauteur à l’épaule : 60 à 70 cm
Poids : 20 à 40 kg
Caractéristiques : Élancé et haut sur pattes, se déplaçant généralement au trot. Oreilles courtes légèrement arrondies, queue tombante avec un pinceau noir, masque facial clair, pelage nuancé du gris au roux : sombre sur le dos et clair sur le ventre, liseré noir sur l’avant des pattes antérieures.

 

 

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Cet article est extrait du dernier numéro du magazine du Parc de serres en valats. Son Grand angle s'intéresse à la situation du loup dans le Parc national.

Vous pouvez le télécharger en cliquant ICI